Les Anglais mangent mieux que ce que l’on croit

Angleterre - salle de diner

Les Anglais mangent mieux que ce que l’on croit. La plupart du temps.

Ce n’est un secret pour personne, la cuisine anglaise est plutôt mauvaise, surtout si on la compare à la française ou à l’italienne. Enfin ça, c’est la rumeur. Mon expérience personnelle veut que j’ai toujours plutôt bien mangé en Angleterre/ Mais j’avais toujours vécu à Londres.

Cette fois, je suis allée 4 jours dans les environs de Bristol, et… et rien, j’ai très bien mangé aussi.

Angleterre : more grace and flavour

La gastronomie anglaise, méconnue des Français

Oui, il existe une gastronomie anglaise, des traditions autres que le fish and chips, des plats plus raffinés que les ragoûts. Une gastronomie que j’ai découverte dans des livres de recette exhumés de cartons, intitulés Grace and Flavour, et More Grace and Flavour. On y découvre dans cet ouvrage publié en 1977 des recettes classées en menus entrée/plat/dessert, datant de l’époque Victorienne : des plats à base de saumon, de concombre, des poires, des soupes de légumes…

En introduction, l’auteur, Michael Smith, écrit que la gastronomie anglaise n’a rien à envie aux Français ou aux Italiens, elle est seulement très méconnue. Effectivement, de ce que me racontait mon hôte, les Anglais.e.s cuisinent principalement aux fêtes de famille, la gastronomie anglaise n’arrive donc pas jusqu’aux cuisines des restaurants.

Manger au restaurant

Dans les traditionnels pubs anglais (attention je ne suis pas à Londres, mais en rase campagne anglaise), on trouve des spécialités anglaises. Pas de la gastronomie, mais pas de hamburger en vue non plus. Non, au Black Horse, à la carte, c’était plutôt des sandwichs. Et des biens anglais, comme celui au boudin noir et aux champignons, celui au jambon fumé et au vieux Cheddar, ou encore celui à la saucisse cumberland et aux oignons grillés.

En menu du jour, il y avait un gratin de pommes de terres et poireaux, un steak madame, ou encore une Shepherd’s Pie (attention, ce n’est absolument pas une tarte, contrairement à ce que j’ai raconté à ma grand-mère. C’est un genre de hachis Parmentier)

Angleterre : le ploughman's lunch
Angleterre : sepherd's pie

Moi, j’ai opté pour le Ploughman’s lunch (prononcer Plaoumane). Je m’attendais à voir arriver un sandwich. J’étais pas loin, mais c’était à moi de composer mon sandwich avec le contenu de l’assiette. A savoir un gros morceau de Cheddar, des quartiers de pomme verte, quelques morceaux de céleri-branche, un petit pot de chutney, un oignon pickles, et trois morceau de baguette pour fourrer tout ça. Résultat des courses, chaque sandwich était un peu différent, mais avec une base commune d’oignon pickles, chutney et cheddar. Trop bon. La shepherd’s pie de ma grand-mère était super bonne aussi. Finalement, absolument rien à envier à notre cuisine française. Sauf peut-être une pointe de raffinement, et encore, il faut comparer ce qui est comparable parce que je ne suis pas sûre que la cuisine de bistro dans le Périgord soit très raffinée non plus.

Et à Londres ?

A Londres, il faut arrêter de raconter n’importe quoi, c’est pareil : on mange très bien. Parmi les meilleurs restaurants du monde sont à Londres, même Alain Ducasse s’y est installé, et il y a une multitude de restaurants de cuisine étrangère : indienne, thaï, italienne, etc, qui sont très bons. L’offre est tellement diversifiée qu’on peut difficilement mal y manger. Londres est à la Grande-Bretagne ce que Paris est à la France : la capitale gastronomique, mais une mauvaise représentation de l’ensemble du pays. On trouve dans ces deux villes des genres de restaurants (veggie, gluten-free, paléo, et j’en passe) qui ne sont pas du tout fidèles à l’héritage culinaire culturel de leurs pays, et pas du tout représentatifs de la cuisine nationale. Ce qui n’est pas une critique, puisque la diversité des options culinaires à Paris ou à Londres est une chose dont je ne cesse de me réjouir !

En fait, là où la cuisine française a s’est recentrée sur la finesse, l’exception, la haute et la très haute cuisine (l’avènement des restaurants bistronomiques et le fine casual, ça ne vient pas de nulle part), l’Angleterre a choisi de perpétuer son héritage culinaire dans ses pubs et ses restaurants, un héritage populaire et répandu, et de garder ses bons petits plats… pour elle.

Finalement, la France se moque de la gastronomie anglaise qu’elle considère inexistante, mais au fond, qui peut se vanter de ne manger ne serait-ce qu’une fois par an les plats traditionnels français qui font notre fierté nationale, comme le coq-au-vin, le boeuf bourguignon ou le canard à l’orange ? Pas moi, c’est certain.

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