Noël en Alsace

Marché de Noël

Les marchés de Noël

J’ai au moins un rendez-vous annuel que je ne manque sous aucun prétexte : Strasbourg en décembre. En fait, je ne parle pas de Strasbourg même, que je trouve trop bondé, trop bariolé, trop enguirlandé (au sens propre du terme). Je parle de tous ses bleds aux alentours, ces villages imprononçables qui finissent tous en -heim et qui accueillent des marchés de Noël bien plus mignons, plus chaleureux, et plus petits que ceux de la Petite France.

L’an dernier, c’est sur le marché de Kaysersberg (raté, du coup, ça finit pas en heim mais ça doit bien être le seul de la région…) que j’avais passé une après-midi à me geler les pieds en écoutant des chants de Noël. Encore tapissé de neige, un peu sale, certes, mais le charme de la neige est inaltérable, même pas 40 paires d’après-ski au mètre carré. Dans toutes les rues, des hauts-parleurs diffusaient des chants de Noël (playlist éclectique, allant des traditionnels Petit Papa Noël et Jingle Bells aux plus contemporains Mariah Carey et autre Justin Bieber chantent Noël).

Marché de Noël
marché de Noël 2
marché de Noël 3

De l’autre côté de la frontière : l’Allemagne

Cette année, j’ai traversé la frontière pour me rendre en Allemagne dans ma ville préférée : Offenburg. A Offenburg, non content de pouvoir se rendre au festival du sandwich au poisson en octobre, on peut profiter d’une patinoire ou des chalets commerçants du marché de Noël en décembre. S’il y a un peu comme partout, des babioles rigolotes à acheter (des bougies, des tas de choses inutiles en papier et en bois, mais aussi des chapeaux en forme de cochon, de bouledog ou de licorne), il y a surtout une offre gastronomique des plus intéressantes.

Quand vient l’heure de déjeuner, le choix est compliqué : on a le choix entre une traditionnelle currywurst avec des frites, ou bien un classique sandwich à la saucisse (merguez ou Francfort), mais aussi une multitude de flammekuches, de la choucroute, de la choucroute aux spaetzle, des gyros, des tartines…

J’ai dû errer pendant 20 bonnes minutes (en sirotant un gluhwein, évidemment) avant de me décider et de choisir un traditionnel sandwich à la saucisse avec un max de ketchup au curry dedans. L’Allemagne, c’est le pays où on a le droit de manger des trucs répugnants et d’adorer ça. J’ai quand même goûté la choucroute, et évidemment que c’était bon.

J’aurais pu, aussi, partir sur une tartiflette mais je ne me sentais pas d’attaque et surtout je peux la retrouver sur n’importe quel marché de Noël en France.

On a clôturé ce super repas avec un dessert dont j’ignore le nom : sur le même principe que les churros (une espèce de pâte liquide frite), on sert dans une assiette en carton un amas de vermicelles de pâte à crêpes.

Les restaurants d’Alsace

Dans la lignée de mes bonnes habitudes de Noël en Alsace, après les marchés, il y a le restaurant Le Marronier, à Sutzheim-Offenheim.

Véritable insitution de la flammekuche, c’est là que j’ai appris qu’il est complètement inconcevable que chaque personne commande sa flammekuche et la mange individuellement.

La flammekuche, ça se commande une par une et tout le monde partage. C’est là aussi que j’ai découvert que la flammekuche n’existe pas seulement dans sa version nature (crème, oignons et lardons) mais aussi dans une version gratinée, ou encore mieux, au Munster. Ca sent mauvais, mais ça goûte bon, croyez-moi.

flammekuche
jarret - Pful

Cette année, j’ai appris une nouvelle leçon. Le Marronnier étant complet, nous nous sommes rabattus sur une autre adresse : le Bürestubel, à Pfulgriesheim (ça ne s’invente pas). Il se trouve que ce soir-là j’avais une monstrueuse envie de choucroute et que malheureusement, ils n’en avaient pas vraiment à la carte. Ils avaient du chou en accompagnement d’autres plats, et c’est ainsi que j’ai commandé un jarret de porc caramélisé accompagné de choucroute. La leçon que j’ai apprise est la suivante : en Alsace, un plat c’est pour deux personnes constituées normalement. Sinon, il faut prendre une entrée. Heureusement que l’os du jarret est gros, et surtout que la viande était délicieuse. Sinon jamais je n’aurais pu espérer finir mon assiette.

En plus du jarret caramélisé à la bière de cerise, au miel et à la fleur d’oranger et de la choucroute, il y avait aussi une quenelle de pomme de terre, des petites patates sautées et des sauces délicieuses. Et comme je n’ai peur de rien, j’ai aussi pris un dessert, à savoir une tarte au basilic à se taper la tête par terre.

Bref, à part ça, Noël en Alsace c’est aussi : des voisins qui prennent très au sérieux les décorations et éblouissent tout le quartier, des kilomètres de vignes enneigées, du grog et des gros roulés à la cannelle. Tout un programme.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *