Cheval d’or

Ouvert en avril dernier par Taku Sekine (Dersou, 75012) et Florent Ciccoli (Le Café du Coin, 75011), Cheval d’Or nous emmène au galop sur la route de la régalade franco-asiatique.

Cheval d’Or, c’est une cuisine fusion, dans laquelle on retrouve des notes chinoises, japonaises, taïwanaises et hong-kongaises.

On est d’abord accueillis par des serveurs et serveuses aimables et discrets, dans un décor épuré et des lumières orangées très chou. On s’installe au bar, et nous entre les piles de belles assiettes et bols qui attendent d’être remplis de tas de trucs bons à manger, on regarde les cuistots à l’oeuvre.

Le menu est divisé entre chaud, froid, frit, slurp, riz, vapeur et les desserts. L’idée (le « concept », comme disent les gens à la mode), c’est des petites assiettes à partager, plus format entrées que plats.

Au pas

On se met en selle avec un flan aux cèpes et au hareng. Quand le cuisinier nous l’apporte, je suis d’abord plus très sûre de ce que j’ai commandé et j’avoue que l’allure de ce pot de crème marron caché sous une épaisse gelée trouble me fait un peu peur. Cette incertitude s’évapore dès la première bouchée. C’est doux, c’est crémeux, c’est salé, presque aigre, c’est fumé, c’est délicieux. Un régal qui remplit la bouche, je dirais bien « une explosion de saveurs » mais vous allez vous moquer de moi.

On continue avec une omelette aux champignons. Omelette fine et baveuse repliée sur une poêlée de champis des bois, un peu baveux aussi, avec un peu de ciboulette et une petite sauce façon aigre-douce qui amène quelques subtiles touches asiatiques : excellent. Un poil moins surprenant que le flan mais là encore, l’assaisonnement nous emmène loin.

Cheval d'or
cheval d'or omelette
coques
Cheval d'or nouilles
Lu Rou Fan Cheval d'or

Au trot

Viennent ensuite les coques à la citronnelle, parfaite entrée vers le vif du sujet : sur des notes douces de fraîcheur acidulée, les coques éclatent en bouche et libère leur jus iodé. Exaltant.

Puis c’est le tour des nouilles au porc et jaune d’oeuf. J’en ai mangé un paquet dans ma vie, des nouilles au porc, mais jamais des comme ça. Elles slurpent, elles glissent, elles sont moelleuses, et l’assaisonnement est franchement incroyable tant c’est un aller-simple pour l’Asie. Ca me rappelle Taiwan, et là encore les saveurs ne sont ni ostentatoires ni démonstratives, on ne nous « impose » pas un goût d’Asie dans la bouche, ces nouilles sont juste… Justes.

Arrive ce petit bol avec des trucs frits dessus, et deux oeufs Nitamago (les oeufs mollets marinés au soja) et d’un coup on se dit « Merde, qu’est ce que c’est ? » et en fait c’est le riz Lu Rou Fan, du riz aux oignons frits, pickles d’oignon grelots et oeufs, du coup. Excellent. Même mention « voyage et dépaysement » que ses cousines les nouilles. Encore une vive régalade.

Suit le magret de canard, dont la cuisson et l’assaisonnement sont toujours aussi parfaitement maîtrisés. Je suis un peu moins fan des condiments poire et betterave qui l’accompagnent et finalement trouve que le canard se suffit à lui-même. Il est moins impressionnant que les plats précédents, mais toujours très bon.

Au galoooop

On croit finir avec un pork bao à monter soi-même : des buns tout chauds et tout doux, deux grosses tranches de poitrine de porc marinée très gourmandes, des herbes, des sauces et c’est parti. Le côté ludique n’éclipse pas la qualité de ce plat, qui semble un peu simple comme ça et que les assaisonnements (encore eux !) réveillent en douceur.

J’aurais dû rester là-dessus, mais ma curiosité a été piquée par les ris de veau frits. D’habitude je déteste ça mais j’avais tellement bien mangé que je me suis dit, comme d’habitude, que s’il y a bien un endroit où je dois retenter l’expérience, c’est là. Moralité : c’est très bon, mais je ne suis vraiment pas fan des ris de veau quand même… Tant pis pour moi, au moins j’aurai essayé !

Je n’ai pas pu non plus m’empêcher de prendre un petit dessert qui me faisait de l’oeil depuis le début du repas : la crème brûlée au thé vert. Tout est là : le crémeux, le crousti, le thé. Excellent clap de fin pour ce qui est certainement l’un de mes meilleurs repas de l’année.

Pork bun cheval d'or
ris de veau cheval d'or
dessert cheval d'or

Verdict 

Tout est dans la dernière phrase : l’un de mes meilleurs repas cette année. Soulignons aussi la qualité de l’accueil et du service, que j’ai trouvés vraiment irréprochables : accessibles, discret, souriant, disponible…Nous avons été servis par 4 serveur.se.s différent.e.s, tous aussi agréables.

Cheval d’Or, parce que ses chefs sont des amis du Fooding, parce qu’il a ouvert il y a moins d’un an, parce qu’il est un peu cher, parce qu’il ne prend pas de réservations, pourrait faire partie de ces restaurants qui peuvent effrayer des gens, qui ne se sentiraient peut-être pas à leur place, et les empêcher de venir. Ce n’est pas le cas : c’est un restaurant chaleureux et où on se sent bien. J’en ferais bien ma cantine !

S’il n’est pas facile d’avoir une table en réservation, le restaurant garde à chaque service 20 places au bar (en face de la cuisine, en face du bar ou en face du miroir) pour les gens de passage.

Adresse : 21 rue de la Villette, 75019

Prix : l’addition pour 2 avec 8 assiettes c’était 110 euros, sans vin mais avec du thé.

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