Pierre Hermé

Je pense avoir été la seule Parisienne à ne découvrir Pierre Hermé que sur le tard (en 2018, donc oui, assez tard). Qu’on ne s’y méprenne, je connaissais le personnage. Joufflu, sympathique, maître-macaron et père du chocolat, il ne m’était pas inconnu, loin de là. Mais je n’avais jamais goûté ses créations, et d’ailleurs je ne m’intéressais absolument pas à la pâtisserie au-delà des macarons Ladurée.

Je me suis laissée séduire par Pierre lors d’une séance de courses de Noël aux Galeries Lafayettes Gourmet. J’ai été tentée par sa tarte Infiniment Vanille, par l’Ispahan (évidemment), mais c’est finalement l’Odyssée qui l’a emporté. Son éventail de textures et de formes qui m’ont attirée et son parfum noix qui m’a faite craquer.

Pierre Hermé - L'odyssée

Faisons les présentations. L’Odyssée, c’est un rectangle composé de la sorte : biscuit aux éclats de noix et marrons (déjà ça, je ne savais pas et j’ai pris ça comme un coup dans le dos). Là-dessus, une crème à la noix, une mousse à la noix, une crème de marrons je crois, et pour enfermer tout ça, deux fines tranches de nougatine. J’allais presque oublier la royale noix dorée posée sur le dessus. Et l’étiquette PH, mais ça, ça ne se mange pas.

Visuellement donc, on l’Odyssé m’a conquis.

J’ai adoré les mousse à la noix et crème au marron, qui flottent et t’emportent avec légèreté vers des parfums d’enfance et de Marrons Suiss’. Adoré aussi le contraste avec ces nougatines en toile d’araignée, croustillantes et toniques. Mais comme il y a un toujours un mais, le voici : QUI A MIS UN MARRON LA DEDANS ??

C’était sûrement écrit quelque part, et je prends toute la responsabilité d’avoir manqué cette information… Mais QUAND MÊME. Il faut savoir que je hais les marrons, et leur texture farineuse semblable à de la pomme de terre germée trop cuite et pas assez à la fois. Et j’ai trouvé que la planquer dans une superbe mousse, franchement, comme disent les copains de 5ème de mon frère, ça se fait pas.

Passé cet épisode désastreux qui restera à jamais dans les mémoires sous le nom “la trahison du marron”, j’aimerais émettre une seconde réserve, à savoir que j’ai trouvé la pâtisserie globalement trop sucrée.

Sentant bien que je ne pouvais pas m’arrêter sur une seule mauvaise impression et décréter que je n’aimais pas Pierre Hermé, j’ai décidé d’y retourner.

Cette fois, j’ai goûté la bûche Ispahan (une saveur créée par Ispahan qui regroupe, rappelons-le, des parfums de framboise, litchi et rose) ainsi que la tarte Infiniment Citron. Toujours pas osé craquer pour la tarte Infiniment Vanille et à vrai dire je crois que c’est le prix qui me rebute (8,30€).

La tarte Infiniment citron se présente ainsi : un disque de meringue au-dessus, un rond de chocolat blanc trompe-l’oeil citron, et là-dessous, crème et gelée au citron et mousse au citron, avec quelques zestes de citron.

Je vais être franche : je n’ai pas senti le citron. Enfin, j’ai senti le citron, mais pas infiniment. Je n’ai pas été saisie par le parfum de l’agrume. La mousse était pour moi sincèrement fade, rattrapée certes par une gelée très délicate et une meringue réussie (quoique pas à sa place, je l’aurais préférée au milieu du gâteau et imbibée par l’humidité des crèmes). Globalement toujours pas convaincue.

Pierre Hermé, tarte au citron

J’ai persévéré avec la bûche Ispahan. Déjà fan de ce parfum décliné dans toutes les pâtisseries de Pierre Hermé (gâteau, cake, macaron et maintenant bûche), la pâtisserie partait déjà avec un avantage.

Un dos courbé rose (du glaçage ?), un tunnel fermé par deux tranches fines de chocolat blanc craquant, un pétal de rose posé dessus (Oui, Pierre aime bien poser des trucs sur ces gâteaux pour qu’on comprennent bien). Dedans, mousses et fruits frais cohabitent. Déjà, je me retrouve beaucoup plus dans ce gâteau, à la fois très doux et acidulé. Je trouve que le parfum du litchi est un peu étouffé par celui de la rose, et je ne trouve pas de bon équilibre avec celui de la framboise, qu’on sent très présent aussi. La consistance des mousses en revanche est parfaite, et le glaçage délicieux aussi, quoiqu’un poil trop sucré.

 

Verdict

Il faut croire que Pierre Hermé, ce n’est pas pour moi. Ca me fait bizarre de dire ça à 25 ans et ne connaissant rien à la pâtisserie, mais je connais mes goûts et je sais qu’ils ne correspondent pas à ceux de Pierre Hermé. Attention en revanche : je ne dénigre pas du tout la qualité de ses créations. Les mousses sont légères, et ma mère et mes amies ont elles beaucoup apprécié.

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