Gâteaux d’émotions

Mon histoire avec Philippe Conticini remonte à loin puisque le premier livre de recettes de pâtisseries que j’ai reçu en cadeau était le sien, Sensation Chou. J’ai fait ses recettes pendant des années sans que ni moi ni mon entourage ne se lasse, sa Pâtisserie des Rêves m’a sauvé la vie lorsque je vivais à Londres et que la pâtisserie française me manquait. C’est donc tout naturellement que je suis allée goûter ses créations à la boutique Gâteaux d’émotion, rue de Varenne.

Le décor

Sobre, blanc, comme beaucoup de ces nouvelles pâtisseries qui épurent leurs boutiques pour mettre les pleins phares sur les créations. Ici, quelques produits dérivés comme les pâtes à tartiner ou les calendriers de l’Avent, quelques créations originales comme les petites boules craquantes de chocolat blanc, et surtout, les pâtisseries.

Le choix est alléchant : un pavé de chocolat noir lumineux, une tarte multi-fruits aux pétales chaleureux, un flan épais, une religieuse à la pistache, une tarte citron-sarrasin… Après plusieurs secondes d’hésitation, j’opte pour la tarte aux fruits exotiques. Et ce pour deux raisons : premièrement, elle est à l’ananas, à la noix de coco et aux fruits de la passion. Je n’aime ni l’ananas ni la noix de coco, et j’adore quand on me prouve que j’ai tort. Deuxièmement, c’est la seule à avoir des pétales de crème aérienne, et j’ai très envie de ça, là maintenant.

Gâteaux d'émotion
gâteaux d'émotion

Aparté : pendant que la vendeuse empaquetait ma tartelette, j’ai vu devant la boutique le chef en personne. Je mourrais d’envie d’aller le saluer et de lui dire combien j’admirais son travail et l’impact que ses pâtisseries avaient eu sur moi, mais le temps que mon sac soit prêt et que je sorte de la boutique il était déjà monté dans sa voiture. TROP DE PEINE.

J’ai ramené ma tarte au bureau et je l’ai mangée au goûter. Résultat : une pâte sablé, un confit d’ananas cuit et une crème légère au fruit de la passion peut-être. J’ai du mal à distinguer précisément les goûts, tout se mélange. Mais l’ensemble est merveilleux : aérien, doux, paisible, léger. C’est une pâtisserie lumineuse, surtout par un temps si pourri. Mais c’est un vrai délice, alors même que je n’aime ordinairement pas ⅓ des ingrédients.

Verdict : J’ai été dubitative sur le nom de l’enseigne, Gâteaux d’Emotions, que je jugeais trop pompeux et forçant le jugement. Mais finalement, c’est un nom qui va à la pâtisserie de Philippe Conticini. Bien qu’on sente dans les énoncés des gâteaux que les émotions viennent surtout de son enfance, il a su les retranscrire dans ses créations et je ne saurais pas expliquer comment, mais il a réussi à travailler ses gâteaux de façon à ce que ce ne soit pas simplement “bon”. Ni même “délicieux”, mais plutôt “merveilleux”, dans tout ce que comprend la dégustation d’un gâteau et qui va bien au-delà du goût.

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